En arrivant à Banfora, nous sommes devenues amies avec une famille qui s’était liée d’amitié avec Fabrizio, un coopérant volontaire. (Je crois en avoir déjà parlé car nous sommes allées fêter la fin du ramadan avec eux.) Et bien dans cette famille, il y a 2 filles et 2 garçons. La plus vieille s’appelle Fati et elle vient d’accoucher d’une petite fille que son futur mari a prénommé Anissa. À 18 ans elle est maintenant mère en plus d’être étudiante en cours du soir (merci à sa mère, elle continuera d’aller à l’école).
Sa maman (Mariam) nous a confié que c’est ce que ça fait envoyer sa fille à Ouagadougou pour un tournoi de lutte (oui oui)… ça finit enceinte! Heureusement, le père de l’enfant était déjà promis et dès qu’il termine ses études dans la capitale, il va revenir à Banfora!
Bref, une naissance peut-être pas désirée, mais heureuse puisque c’était dans les plans. Le problème c’est que la petite ne boit pas. En fait, en n’arrivant pas à boire normalement, ça a créé des plaies sur le bout des mamelons de Fati et c’est extrêmement douloureux. Elle nous a montré ça (car ici, ce sont les cuisses la partie intime, les seins, tout le monde peut voir!) et j’avais mal juste à regarder. À cause de ces plaies et de l’incapacité du bébé à téter, Anissa n’a bu que de l’eau et du jus d’orange pendant 1 semaine. Inutile de vous dire qu’elle est rachitique (elle a perdu du poids depuis sa naissance, elle est sans énergie, elle ne serre même pas les doigts quand on lui met dans la main). Bref, le bébé étant en grand danger de mort à cause de sa malnutrition, nous lui avons acheté du lait et un biberon… nous lui avons expliqué comment l’utiliser en le désinfectant, etc. et le lendemain matin, nous l’avons amenée à l’hôpital voir le pédiatre.
Je suis très contente de l'avoir accompagnée à l’hôpital parce qu’elle serait probablement retournée chez elle sans avoir obtenu l’aide qu’elle était venue chercher. L’infirmière lui a juste dit qu’il fallait arrêter ses caprices et faire boire le bébé même si ça fait mal. Je lui ai dit que Fati était loin d’être plaignarde et que si on était ici, c’est qu’il y avait un problème, qu’il fallait faire quelque chose car le bébé allait mourir et qu’on voulait voir le docteur. Joie : on a réussi à voir le docteur! Je plains les pauvres femmes qui se pointent là désespérées et qui se font retourner de bord en se faisant dire qu’elles sont juste des mauvaises mères qui ne donnent pas le sein comme il le faut… sans se faire expliquer comment elle pourraient faire autrement! Franchement!
Enfin… le médecin lui a dit comment traiter ses mamelons et comment bien donner le sein pour lorsque ce serait guérit car, en attendant, ce sera du lait en poudre (ouin). Ensuite, il lui a expliqué comment faire sortir le lait (qui n’est pas infecté, ça a été vérifié) pour le donner (en alternance avec le lait en poudre) à Anissa avec le biberon avant de la faire boire directement au sein. Ici c’est très important de faire boire le lait de la mère car ça les protège de bien des bactéries et maladies! On ne peut malheureusement pas confier l’enfant à une nourrice car le danger d’attraper des maladies et trop grand.
Selon son examen, si Fati suit les conseils du docteur, tout devrait bien aller d’ici deux jours. Je trouvais qu’il avait bien de l’allure ce médecin! Il lui a donné rendez-vous dans 2 jours pour voir l’avancement des choses et prendre des prises de sang. On croise les doigts. Très forts parce qu’un bébé naissant qui ne se nourrit pas pendant une semaine, ça part mal dans la vie.
Fati est adorable. Le pédiatre lui a dit d’attendre avant de tirer le lait car ce serait trop douloureux et elle a répondu dans un français approximatif (l’homme ne parlant pas Dioula) qu’elle en sortirait dès qu’elle arrive à la maison et ce, même si ça la fait pleurer car c’est important pour son bébé! Le doc était impressionné :)
À suivre….
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